La Meéc



L’Auteur est le Roi de la fête

Michel-Didym-©Eric-DidymLa Mousson d’été est devenue un observatoire privilégié de l’évolution des écritures contemporaines. C’est par là que s’engouffrent les vents frais des dramaturgies étrangères, par là que s’envolent les textes d’auteurs français désireux de se confronter à d’autres écoutes sur d’autres continents.

Ce carrefour des écritures est né en 1995. D’année en année, il s’est étoffé, structuré, organisé. Il est devenu le noyau dur apparent d’un invisible réseau dont les ramifications s’étendent très au-delà de la Lorraine, même si la région est au premier plan en ce qui concerne le public des Rencontres. La Mousson est un modèle d’équilibre des temporalités. Arcqueboutée d’une part sur la maturation lente, patiente, nécessaire à l’éclosion des projets et d’autre part, l’urgence de Rencontres condensées dans la durée, effervescentes et agitées, elle doit rester dans le présent tout en ne cessant jamais d’anticiper l’avenir. Chaque année donc, à la même époque, avec une constance que les difficultés financières ne parviennent pas à altérer, Michel Didym et son équipe redonnent la parole aux auteurs, pour une semaine qui leur est entièrement consacrée. Fait rare et qui mérite d’être souligné. Ils ne sont pas si nombreux les lieux qui font la part belle aux écritures contemporaines sans que le spectaculaire et la visibilité soient inscrits au cahier des charges.

Paroles du directeur : “Nous misons sur les gens et pas sur les choses. Nous n’avons pas les moyens de faire venir des spectacles qui « cartonnent ». Il n’y a pas ici de camions de décors qui déboulent, chargés de centaines de projecteurs pour des spectacles à effets spéciaux. La Mousson c’est le lieu où l’on est sur la langue, le texte, l’esprit, l’invention et l’imaginaire. Cette profession de foi fait des Rencontres de Pont-à-Mousson l’endroit où se noue un dialogue que l’esprit des lieux autorise, favorise, encourage. Ici, chacun trouve chaussure à son pied. Les professionnels du théâtre viennent apprendre. Les acteurs viennent lire et dire. Les spectateurs viennent entendre. Les auteurs viennent se faire entendre.

A la fois conviviale et studieuse, la Mousson d’été conjugue savoir et plaisir. S’il n’est pas rare de déjeuner à la même table que les auteurs et les acteurs dont on vient d’assister aux prestations, il est fréquent également de se trouver le témoin ou le participant d’une conversation qui s’improvise sur un coin de pelouse, ou tard le soir, auprès d’un verre. Ce mélange séduit, on en a pour preuve la foule locale, nationale et internationale qui revient délivrer son aggiornamento aux programmes proposés. C’est vrai aussi que la Mousson, aux avant postes des saisons théâtrales à venir, permet à tous de renouer avec le théâtre sous sa forme la plus pure et la plus intime : la lecture. Un exercice plébiscité par tous. Au cours des rencontres, on fait l’expérience toujours troublante de la proximité avec des acteurs que Michel Didym, le directeur artistique, fondateur de la Mousson, met toujours autant de soin à coopter. Ce ne sont pas les offres qui lui manquent. Mais de son aveu même, si un très bon texte ne sera jamais tué par une mauvaise lecture, à l’inverse un très bon lecteur aidera toujours un texte fragile à passer le cap de la présentation publique. C’est ainsi que se trouve fréquemment à l’affiche de ces formes dites « légères », (les lectures ou les mises en espace) ce que le théâtre français compte de meilleur du point de vue des interprètes. A eux donc la responsabilité de donner à entendre, parfois en toute première lecture, des écritures qui prennent corps littéralement grâce à eux.

Dans un souci de pérenniser l’action de la Mousson d’été et de la renforcer au plan international l’équipe du festival a créée la maison européenne des écritures contemporaines (la meec). Tout naturellement, son siège est à l’Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson. La meec a pour objet de favoriser l’émergence, la promotion, la connaissance, la production et la diffusion des écritures dramatiques d’aujourd’hui. Elle œuvre à l’échange et à la circulation internationale des jeunes écritures dramatiques en offrant aux auteurs un accompagnement artistique concret et vise à générer des productions théâtrales. En outre, des actions de formation sont associées à tous les stades du travail. Pour servir ses objectifs, la meec, qui a une vocation internationale et mobile peut imaginer ou participer à tout type de projet. Elle devient dès 2001, l’organisatrice de la Mousson d’été et de la Mousson d’hiver consacrée au écritures dramatiques internationales pour la jeunesse.