Cette édition est dédiée à Claude Rosenkrantz
en présence des auteurs et traducteurs
Jacques Albert, Alexandre André, François Bégaudeau, Hervé Blutsch, Ascanio Celestini (Italie), Henri Christophe, Joseph Danan, Emmanuel Darley, Kathleen Dulac, Alaa El Aswany (Egypte), Emmanuel Faventines, Antonis Georgiou (Chypre), Olinda Gil, Klaus Händl (Autriche), Guy Helminger (Luxembourg), Anouk Jeannon, Alain Kamal Martial, Silvester Lavrik (Slovaquie), Yves Lebeau, Jean-Claude Leguay, Tanel Lepsoo, David Lescot, Frédéric Mauvigner, Juan Mayorga (Espagne), Pierre Meunier. Anne Monfort, Christine Murillo, Grégoire Oestermann, Blandine Pélissier, Sirkku Peltola (Finlande), Adeline Picault, Jean-Marie Piemme, Pietro Pizzuti, Eloi Recoing, Anne Sibran, Urmas Vadi (Estonie), José Maria Vieira Mendes (Portugal), Michel Volkovitch
des acteurs, musiciens et metteurs en scène
Cécile Backès , Quentin Baillot, Marcelle Basso Boccabella, Véronique Bellegarde, Daniel Berlioux, Mathieu Bertholet, Thomas Blanchard, Romane Bohringer, Nadège Coste, Michel Didym, Jean-Claude Dreyfus, Guillaume Durieux, Flavien Gaudon, Evelyne Istria, Tchéky Karyo, Maud Le Grévellec, Eric Lehembre, Odja Llorca, Sara Llorca, Serge Maggiani, Catherine Matisse, Muriel Mayette (de la Comédie Française), Sébastien Mignard, Maïté Nahyr, Charlie Nelson, Julie Pilod, Pierre Pradinas, Nadège Prugnard, Erwan Ricordeau, Guillaume Séverac Schmitz, Michel Sidoroff, Antonio Simon Rodriguez Martinez, Agnès Sourdillon, Philippe Thibault, Charles Tordjman, Laurent Vacher, Stéphane Varupenne (de la Comédie Française)
et aussi …
Thierry Devaux, Eric Didym, Olivier Goetz, Xavier Gorgol, Jean-Édouard Hastings, Hélène Kuntz, Laurent Lalanne, Charlotte Lagrange, Aude Lavigne, Isabelle Meunier, Laurent Mulheisen, Jacques Peigné et Jean-Pierre Ryngaert.
vendredi 22 août
12h30 – France Culture
Lumières d’août
animée par Aude Lavigne
Émission en public et en direct de L’Abbaye des Prémontrés
avec Michel Didym et les artistes de La Mousson d’été
18h – Inauguration et Vernissage
Portraits d’auteurs en Mousson d’été 2007
réalisation Thierry Devaux et Eric Didym
le plasticien Thierry Devaux et le photographe Eric Didym mettent en scène les auteurs de la mousson d’été dans L’Abbaye des Prémontrés.
19h - Projection
Hervé Blutsch à la crèche
20h45 – lecture
Sig Sauer Pro, drame urside de Jacques Albert
avec l’encouragement de l’Aide à la création du Centre National du Théâtre.
Cette lecture est enregistrée par France Culture dans le cadre du cycle Théâtre Contemporain
mise en onde réalisé par Michel Sidoroff
Avec Quentin Baillot, Daniel Berlioux, Thomas Blanchard, Tchéky Karyo, Catherine Matisse, Charlie Nelson, Julie Pilod, Martine Shambacher et Stéphane Varupenne (de la Comédie Française)
Sig sauer pro est née du désir de produire un théâtre de plateau intégrant dans le dispositif textuel les ébauches souterraines d’une dramaturgie plastique. Pas que cette "imagerie scénique" n’apparaisse immédiatement aux lecteurs sous la forme de didascalies ou d’injonctions plus où moins explicites. Elle est ici en germe dans une structure narrative élaborée toute entière autour d’une chaine d’actions immédiatement accomplies par les personnages qui lui prêtent corps. Peindre l’autre, courir, passer la débroussailleuse… et la multiplicité des lieux, voitures, chambres, bistrot, constituent la toile de fond et "l’arrière pensée" des possibilités offertes à l’acte concret de la représentation.
De plus, la multiplication des situations, éclatées, fragmentaires parfois, permet à la fois la mise en confrontation permanente de mouvements et d’idées humaines (ou d’idées de l’homme) apparemment "contradictoires", et l’immobilisation d’un récit à bout de souffle, épuisé par les soubresauts de sa progression. Personne ici pour œuvrer à la libération prochaine de l’individu étriqué, à l’avènement de sa bonté démiurge ou de sa brillante sauvagerie. La campagne, seule, et ceux qui l’habitent. Un petit monde comme sont les mondes, saisi dans sa vacuité brutale, stagnant perpétuellement aux bornes de la moralité et du fantasme, sur les terres usées du laisser-entendre et du non-dit.
A 26 ans, Jacques ALBERT est l’auteur de trois pièces Sig sauer pro (2008), Dieu T’aime (2006), et Cendrillon, assis dans le petit silence (2005). Cette pièce a été présentée au festival d’Avignon en 2005 puis à Nanterre au théâtre B.M.K. en mai 2005.
Comédien-danseur, et metteur en scène, Jacques Albert est également co-fondateur de la compagnie Das Plateau, compagnie en résidence à Mains d’œuvres (St Ouen) depuis décembre 2007, où il met en scène ses pièces.
En tant que comédien, il a travaillé avec la compagnie T& M dirigé par Antoine Gindt, dans Kafka Fragment de Kurtag et comme comédien-danseur dans Commentaire Inconnu mis en scéne par Augustin Bégard.
22h30 – lecture
Je suis la bête de Anne Sibran
lecture dirigée par Michel Didym, assistante Maya Boquet
Avec Romane Bohringer et Philippe Thibault (musique)
Un jour, ils m’ont poussé dans un placard, puis ils ont refermé la porte. Et je ne las ai jamais revus. Ni la femme qui m’a sortie de son ventre. Ni l’homme qui me portait un peu. J’aurais dû en mourir, s’il n’y avait eu cette bête entrée par la forêt, sous le carreau cassé. Et j’ai sucé son lait, et j’ai suivi son pas… C’est ainsi que j’ai grandi, accroupie sous les arbres. Ma peau est brune, verte par endroits, pour cette poussière grasse que j’attrape en grimpant le long des troncs. Et j’ai maintenant des griffes longues, mes joues sont encroûtées de poils et de sang. J’ai six ans.
Anne Sibran est née en 1963 en région parisienne. Après des activités théâtrales, un DEA de philosophie et une licence d’ethnologie, elle devient écrivain pour la jeunesse et signe plusieurs ouvrages dont Hugo et les lapins (Rageot, 1991) ou le Cloune et la belle cuillère (Milan, 1995). Elle signe également des romans « adulte » comme Bleu Figuier chez Grasset et des scénarios de BD dont le superbe La Terre sans mal, dessiné par Lepage pour Dupuis, et Le Quartier Evanoui avec Tronchet.
00h – Concert
samedi 23 août
9h30 – 12h30
ateliers de l’Université d’été
14h – lecture
Le vrai Elvis de Urmas Vadi (Estonie)
texte français de Blandine Pélissier avec la participation de Tanel Lepsoo (Maison Antoine - Vitez)
Dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par Laurent Vacher
avec Aurélien Chaussade, Guillaume Durieux, Jean-Claude Leguay, Odja Llorca, Charlie Nelson, Julie Pilod, Martine Shambacher, Philippe Thibault et Stéphane Varupenne (de la Comédie Française)
Musique : Flavien Gaudon et Philippe Thibault
Comment vouloir entrer, au départ, dans son bureau pour finalement sortir d’un placard ? Comment éliminer l’un après l’autre trois sosies du grand Elvis quand on est pris, au choix, pour un tueur à gage ou un mari légitime ? Surtout quand on a perdu la mémoire. Et tout cela dans un musée dédié au King. Urmas Vadi lance le pauvre citoyen Slipson dans cette histoire loufoque à l’humour terriblement efficace. À moins que cela ne soit l’inverse !
Urmas Vadi est né en 1977 à Tartu (Estonie). Auteur de théâtre, il a notamment publié : You will see if you want,,(2000), Flying Ship (2001) , I´ll See You In the Trumpet ! (2002) , Elvis was in a Cupboard (2006). Il a également publié plusieurs recueils d’histoires courtes et a écrit des scénarios pour la télévision. Depuis 2001, il anime une émission littéraire sur une radio estonienne.
16h – Rencontre très formelle avec Jacques Albert
Dans le cadre de l’université d’été.
18h – lecture
Catherine de Silvester Lavrik (Slovaquie)
texte français d’Anouk Jeannon (Maison Antoine Vitez)
dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par Véronique Bellegarde
avec Quentin Baillot, Daniel Berlioux, Maud Le Grévellec, Serge Maggiani et Catherine Matisse
Fourmi, « imposteur conjugal », amant expérimenté et quelque peu obsédé, séduit Catherine, la fille d’un professeur entomologiste. Il pénètre ainsi dans une famille apparemment ordinaire, mais où les rapports reposent sur la manipulation, la tyrannie et la torture. Le professeur, savant fou et cruel, a au nom de la science sacrifié l’enfant que portait sa femme. Au fil de la pièce, Catherine adopte le comportement de son père et ses façons d’agir : dans sa relation avec Fourmi, la victime ne sera finalement pas celle que l’on attendait au début.
Il s’agit d’une allégorie entomologiste, dans laquelle les humains sont assimilés à des insectes et se comportent comme eux. Dépourvus de sentiments, ils ne sont guidés dans leurs actes que par une chose : la survie de l’espèce.
Ces humains-insectes nous plongent dans une dimension fantastique où l’horreur bien présente est cependant atténuée par un comique de situation (basé dans plusieurs scènes uniquement sur un jeu muet des acteurs) et de langage.
Le langage joue par ailleurs sur des registres très différents : souvent trivial et vulgaire avec Fourmi et le professeur, il est biblique et intemporel avec Josué, ami du professeur, dont le personnage renforce l’allégorie.
Silvester Lavrik est né en 1964 à Poprad, Slovaquie. Il est metteur en scène, dramaturge et écrivain. De 2000 à 2003, il était directeur artistique du Théâtre Municipal de Zlin (République Tchèque).Il a écrit plus de vingt pièces, jouées en Slovaquie, République Tchèque, Serbie, Pologne, Hongris… Il a reçu plusieurs prix : Alfréd Radok, Drama 2000,le prix de la meilleure pièce de l’année…. Plusieurs recueils d’histoires courtes Allegro barbaro (2002), Thieves (2005, Zlodeji) and Pen-drawing (2006, Perokresba) ont été publié par la maison d’édition LCA. Perokresha a été nominé pour le prix littéraire Anasoft Littera 2007. Il a également publié un monologue Villa Lola (2004), une anthologie de pièces de théâtre (Theater Institute, Bratislava 2007).
20h45 - spectacle
La commission centrale de l’enfance de David Lescot
Mise en scène et interprétation David Lescot
(Grand Prix de littérature dramatique 2008)
- Centre culturel Pablo-Picasso – Blénod-lès-PAM
Enfant, je passais mes vacances d’été dans les colonies de vacances de la Commission Centrale de l’Enfance, cette association créée par les Juifs communistes français après la Seconde Guerre mondiale, à l’origine pour les enfants des disparus. Elles existèrent jusqu’au milieu des années 80.
J’ai voulu raconter par bribes cette histoire, qui me revient par bouffées de souvenirs, parfois confus, parfois étonnamment distincts : il y est question de conscience politique, de l’usure d’un espoir, de règles strictes, d’idéologie tenace, de transgressions en tous genres, d’éveil des sens.
J’en ai fait un petit poème épique, parlé, chanté, scandé, qui fait le va-et-vient entre les temps de l’origine et ceux de l’extinction, entre la petite et la grande histoire.
J’ai imaginé pour cela une sorte de cabaret minimaliste, pour que l’on entende aussi les chansons inoubliables que nous entonnions à l’époque, et pour lesquelles je m’accompagne d’une magnifique guitare électrique tchécoslovaque des années 60 (autant dire rare). David Lescot
Auteur, metteur en scène et musicien. Il monte ses pièces Les Conspirateurs (1999), L’Association (2002), L’Amélioration (2004). En 2007, il crée Un Homme en Faillite à Reims, puis au Théâtre de la Ville à Paris (Prix de la meilleure création en langue française du Syndicat National de la critique). Il travaille comme musicien avec Anne Torrès, qui monte sa pièce Mariage en 2003 à la MC93-Bobigny. Il collabore aussi avec Anne Alvaro, Julie Brochen, François Marthouret, Gilles Cohen, Véronique Bellegarde, Emmanuel Demarcy-Mota, Claude Guerre.
Il obtient en 2008 le Prix Nouveau talent Théâtre de la SACD ainsi que le Grand Prix de Littérature dramatique.
22h30 - lecture
Copito ou Les derniers mots de Flocon de Neige, le singe blanc du zoo de Barcelone
de Juan Mayorga (Espagne)
Texte français de Yves Lebeau (AET Orléans)
en coproduction avec l’Aide à la création du Centre National du Théâtre.
dirigée par Mathieu Bertholet
avec Guillaume Durieux, Jean-Claude Leguay et Grégoire Oestermann
_ Copito ?
Une fable à trois personnages.
Un singe blanc, un singe noir et leur gardien.
Tous trois parlent.
Le gardien garde, le singe noir convoite une banane inaccessible comme un rêve.
_ Copito, le héros, se meurt.
Le singe se meurt. Il s’y prépare en lisant Montaigne.
Il y trouve treize excellentes raisons de bien mourir.
Aura-t-il le temps de nous révèler son secret sur l’existence de Dieu.
Encagé, la mort approchant, il est objet de spectacle.
Il est vu, et n’arrête pas de voir, les visiteurs du zoo, le public, nous.
Enfants, hommes politiques, genre humain vulgaire
lui, l’albinos solitaire, il les hait et le leur dit.
L’homme est un singe comme les autres.
Le singe est un homme comme les autres.
Un texte drôlatique, méditatif, tragique.
Juan Mayorga est né le 6 avril 1965 à Madrid. Docteur en Philosophie, il est auteur de nombreux essais sur la politique et la mémoire et sur le rapport de l’écriture dramatique à l’histoire.
Cette problématique, tout comme sa réflexion sur un langage théâtral pour aujourd’hui, ne cessent de nourrir son écriture d’auteur dramatique.
Depuis 1998 il enseigne la dramaturgie et la philosophie à l’Ecole Royale Supérieure d’Art Dramatique de Madrid ;
Membre du groupe fondateur du Collectif Théâtral El Astillero à Madrid.
Lauréat de nombreux Prix, entre autres pour ses pièces Lettres d’amour à Staline et Mas ceniza.
Il est auteur d’une trentaine de pièces de théâtre, quasiment toutes créées et publiées, dont plusieurs ont été traduites en italien, allemand, grec, anglais, portugais, croate, roumain et français.
Himmelweg (Chemin du ciel – 2002), Animales nocturnos (Insomniaques – 2003) Copito de nieve, Hamelin, La tortue de Darwin et La paix perpétuelle ont été traduites en français par Yves Lebeau.
Le garçon du dernier rang a été traduit par Jorge Lavelli et Dominique Poulange.
Himmelweg et Hamelin sont publiés aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.
Sa pièce Hammelin a reçu le Prix National de Théâtre en 2005. Il a reçu le Prix National de Théâtre en 2007 pour l’ensemble de son œuvre.
Himmelweg Chemin du ciel a été créé en 2007 par Jorge Lavelli au Théâtre de la Tempête et Copito – Testament d’un singe a été créé en novembre 2007 par Christian Fregnet au Théâtre de Sens.
00h00 – Concert
Garçons d’étage
Flavien Gaudon et Philippe Thibault
dimanche 24 août
9h30 – 12h30
ateliers de l’Université d’été
_
14h lecture
Le charme obscur d’un continent de Händl Klaus (Autriche)
texte français de Henri Christophe (Maison Antoine Vitez)
dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par David Lescot
avec : Evelyne Istria, Odja Llorca et Serge Maggiani.
_ JOACHIM.– Vos muscles,
CORINNA.– pour le Pérou.
JOACHIM.– Vous n’avez rien oublié,
CORINNA.– si. Le doigt de pied.
JOACHIM.– Ce doigt de pied, vous allez m’en faire cadeau.
CORINNA.– Je me rendrais fautive.
JOACHIM.– Vous l’êtes déjà.
_ Klaus Händl convoque la biologie, l’anatomie et la botanique pour retirer le fard des relations humaines, parfois banales. Son univers loufoque mais technique, sensuel mais retenu, transforme les dialogues entre Corinna, sa mère Mathilde et Joachim un ami, en une inquiétante étrangeté, touchante et enivrante. Il produit une langue précise, à lire et à jouer dans un souffle.
Klaus Händl, né en 1969 à Rum près d’Innsbruck, dans le Tyrol. Il vit près de Berne en Suisse. Écrit de la prose, des livrets, des scénarios et du théâtre (4 pièces à ce jour). Acteur de cinéma. Réalise actuellement son premier long métrage. Prix littéraire de Lauris, Prix Robert Walser, le Prix du théâtre Welti. Après avoir été élu meilleur jeune auteur dramatique en 2004, il est élu meilleur auteur dramatique de l’année par le jury de la revue Theater heute en 2006.
Il crée une inquiétante étrangeté à travers des personnages assez banals, mais qui semblent tous habités par quelque secret impénétrable. Le public est néanmoins frappé par les insaisissables tensions, par les liens mystérieux entre les personnages et les situations dramatiques. Ce théâtre délicat et exigeant trouve un accueil public enthousiaste.
Il a notamment écrit :
Legenden (35 courts textes. 1994) ; Kleine Vogelkunde (Petit traité d’ornithologie. Pièce radiophonique. 1996) ; Ich ersehen die Alpen ; So entstehen die Seen (J’aspire aux Alpes ; ainsi naissent les lacs. Pièce. 2001. Trad. CTL, Simon Koch) ; (Wilde) Mann mit traurigen Augen (Sauvages – Homme aux yeux tristes. Pièce, 2003. Trad. Céline Robinet) ; Dunkel lockende Welt (Le charme obscur d’un continent. Pièce, 2006. Trad. Henri Christophe) ; Holla (Holà. Pièce courte. 2007) Die Sammlung Marianne Bosch (La collection Marianne Bosch. Pièce, 2008)
16h Table Ronde
La circulation des textes dramatiques dans le théâtre européen : témoignages d’auteurs et de traducteurs ; le rôle d’Internet et de l’édition électronique
avec la participation de Isabelle Meunier (SACD) et de Bruno Allain (SACD)
18h lecture
Bobine et Mikado de Adeline Picault
Bourse de création du CNL
dirigée par Eric Lehembre en collaboration avec Nadège Coste, par la Troupe amateur du Bassin Mussipontain
_ Espace St Laurent, Pont-à-Mousson
Bobine et Mikado ce sont les jeux de l’amour et du bazar. C’est l’histoire du triangle isocèle. Mikado est « barbouille » de Bobine qui vit avec Jim. Il y a ce ventilo parce qu’il fait trop chaud. Lilas est la sœur de Mikado : la seule à être en dehors de l’isocèle, les pieds bien plantés. C’est l’histoire de ces quatre-là, mais surtout de ces trois-là : Bobine, ses parents pensaient avoir un garçon et l’appeler Bob et puis « Justin Justine on n’en fait pas toute une histoire ». C’est une femme impossible à démêler. Mikado, il est élu entre tous les autres hommes. Il fait valser les trucs en bois, il est amoureux, c’est comme ça. Jim, il a vu le film où il est question de Jules. Il est fou du sable mouillé et de sa Bobine sans sourire. Pas d’aspérités, il est rassuré quand tout est lisse. Lilas est le regard du monde en marche, de l’univers autour de ce trio à la fois taureau, torero et arène.
Adeline Picault est boursière de l’association Beaumarchais et du CNT. Elle est lauréate en 2007 du prix de la pièce radiophonique SACD/France Inter/France Culture. La même année, elle entre en résidence à la Maison des Auteurs de Limoges. En février 2008, elle publie le recueil de monologues Etroits petits tours aux Editions Théâtrales. A l’été 2008, elle participe à Interplay Europe aux Pays-Bas ainsi qu’à la Mousson d’Eté où sa pièce Bobine et Mikado est mise en espace. Elle vient d’obtenir en juillet 2008 la bourse de création du CNL pour cette pièce.
Elle se rend à la Chartreuse pour travailler sur Si seulement un regard, sa première pièce de théâtre, au festival des Francophonies de Limoges en 2007. Sa résidence lui servira aussi à poursuivre son travail de recherche sur les liens entre le théâtre et le virtuel, qui aboutira dans la publication d’un ouvrage en collaboration avec un journaliste, Mathias Daval.
Pessoa disait que La littérature, comme toute forme d’art est un aveu que la vie ne suffit pas. Elle vient aussi essayer de répondre à cette question.
20h45 Lecture
Ma femme de José Maria Vieira Mendes (Portugal)
texte français d’Olinda Gil (Maison Antoine Vitez)
dans le cadre de Trait d’Union
Cette lecture est enregistrée par France Culture dans le cadre du cycle Théâtre Contemporain
dirigée par Michel Didym, assisté de Maya Boquet.
Mise en onde réalisée par Michel Sidoroff
avec Thomas Blanchard, Aurélien Chaussade, Odja Llorca, Serge Maggiani et Catherine Matisse. Musique Philippe Thibault
Ma femme relate l’histoire d’une famille (un couple : Nuno et Laura, les parents de Nuno et l’ami du couple : Alexandre) qui se retrouve en vacances dans une maison en bord de mer. La trame de leur vie se déroule à la cadence de journées qui se répètent et semblent immuables, mais dans lesquelles s’insinuent quelques anomalies : chaleur accablante, invasion de moustiques, pénurie d’eau, présence d’un fusil, ambiguïté et violence des relations. Entre la verve souterraine du père, l’apathie du fils, le laconisme de l’ami, le désabusement soiffard de la mère et la présence lunaire de Laura se manifeste l’irrémédiable distance qui sépare les êtres, fussent-ils de la même famille. Enfermés dans cette monotonie qui anesthésie toutes velléités de réaction, tous se laissent aller aux compromissions. Laura, obscur objet de tous les désirs, sera la seule pour qui le sentiment d’insatisfaction sera suffisamment fort pour désirer autre chose et agir.
José Maria Vieira Mendes est une des figures de proue de la nouvelle génération de dramaturges portugais qui, entre adaptations (Kafka, Dostoïevski, Schnitzler, Damon Runyon) et textes originaux, compte déjà à son actif plus d’une dizaine de pièces de théâtre. Traducteur également de textes de Samuel Beckett, Heiner Müller, Fassbinder ou Dea Loher, il s’est, par ailleurs, essayé à la mise en scène avec Histoire d’amour (Derniers chapitres) de Jean-Luc Lagarce.
00h concert
_ The Rock Weeds.
Lundi 25 août
9h30 – 12h30
ateliers de l’Université d’été
14h – lecture
Venezuela de Guy Helminger (Luxembourg)
texte français d’Anne Monfort (Maison Antoine Vitez)
dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par Laurent Vacher
avec Quentin Baillot, Thomas Blanchard, Aurélien Chaussade, Guillaume Durieux et Stéphane Varupenne (de la Comédie Française)
Un groupe de jeunes gens trompe l’ennui et la misère de leur quotidien en surfant sur les trains. L’un d’eux, Fraggel, ne reviendra pas de l’un de ces grands surfs. Pour protéger le plus jeune, Olif, les autres, Flada, Kerm et Bouquin, lui racontent que Fraggel, son modèle, est parti au Venezuela, sous le regard narquois d’Izmir, le rival de Fraggel. Bouquin écrit même les lettres de Fraggel, inventant en Venezuela où le surf sur le train est autorisé, où l’on se met en retraite à 17 ans après avoir été chercheur d’or. Ce Venezuela fictionnel devient tellement réel que tous finissent par y croire.
Guy Helminger est né en 1963 au Luxembourg et vit à Cologne depuis 1985. Après des études de germanistique et de philosophie, il a travaillé comme comédien, assistant à la mise en scène, graphiste…etc. Il a voyagé en Afrique, Asie, USA, Nouvelle Zélande et a même été écrivain public en Inde. Il a écrit tant des poèmes, des romans (Morgen war schon, 2007), des nouvelles, que des pièces radiophoniques (5 Sekunden Leben, Morgen ist Regen, 2001). Il a écrit deux pièces de théâtre (Wer noch glaubt, 1992, Venezuela, 2003)
16h conférence
Le théâtre européen d’aujourd’hui : une expérience politique ?
par Hélène Kuntz
dans le cadre de l’Université d’été européenne
18h – lecture
Les veuves du président de Alain Kamal Martial
dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par Pierre Pradinas
avec, Guillaume Durieux ,Maud Le Grévellec, Evelyne Istria, Charlie Nelson et Martine Shambacher
Lorsque le Président meurt entre les jambes de sa pute les dix sept millions de gueules de la populace affamée font de cette mort honteuse un alibi pour se venger des années de persécution imposée par le dictateur. La populace décide alors de découper son Président en dix sept millions de petits morceaux afin que chaque citoyen puisse enterrer un morceau de lui dans les dix sept millions de petits trous que le pays a creusés pour laver l’affront.
Mais au même moment où la foule avance vers le palais présidentiel pour découper le corps, un drame inimaginable se passe à l’intérieur : la veuve-pute vient réclamer le cœur du président, ce dernier le lui avait promis, « je te donne mon cœur, il t’appartient » et la pute veut arracher le cœur du Président, c’est alors qu’arrive la veuve-première dame indignée, elle veut enterrer le corps de son mari pour sauver ce qui peut être sauvé mais c’est sans compter sur la veuve-mère du Président qui vient dans le palais pour ressusciter son fils, « Je lui ai déjà donné la vie une fois, je la lui donnerai une deuxième fois. » Dit-elle…
Les Veuves sont un pamphlet fanfaresque, un brouhaha des plus tohubohuesques qui descend les formes des pouvoirs tyraniques et leur intelligence entre les jambes du tyran. Mais plus qu’une histoire, c’est une poésie quasi charnelle que l’auteur nous donne comme seule capable de rendre compte d’une dialectique mahoraise des pouvoirs. Ici Alain Kamal Martial donne une colonne vertébrale, un sang et de la chair à la langue.
Titulaire d’un DEA de littérature, d’une maîtrise de didactique et pédagogie des Langues (FLES) (Fac des lettres Bordeaux III) puis, d’une licence d’études théâtrales (maison Jean Vilar et Université d’Avignon) Alain Kamal Martial enseigne d’abord les lettres avant de se consacrer totalement à l’écriture et à la mise en scène qu’il commence dès son jeune âge.
Après ses études universitaires, dès son retour à son île natale, Mayotte, il crée sa propre compagnie de théâtre istaMbul avec des lycéens de son village.
En 2004, il reprend ses études universitaires pour préparer un doctorat des littératures à l’université de Cergy Pontoise tout en poursuivant son activité d’écriture. En 2008, il est nommé directeur du service culturel de la Collectivité Départementale de Mayotte.
Oeuvres publiées : La rupture de chair, théâtre, éditions L’Harmattan, avril 2004 ; Zakia Madi, La Chatouilleuse, théâtre, éditions L’Harmattan, mai 2004 ; Epilogue des noyés, poésie, extrait publié dans la revue Mouvement, 2005 ;Papa m’a suicideR, théâtre, éditions Avant-scène théâtre, octobre 2006.
20h45 – lecture
Égypte équivoque de Alaa El Aswany (Egypte)
dirigée Maïté Nahyr
avec Marcella Bocabella,Tchéky Karyo, Maïté Nahyr et Agnès Sourdillon.
Ce projet déploie une vision possible de l’Egypte d’aujourdh’ui. Il s’articule autour de troix textes. de l’écrivain Alaa El Aswany :
L’immeuble Yacoubian,publié dans « La pensée de midi » (2004)
Dernière Image de Mme Zetta Mendes, une nouvelle inédite, parue dans Télérama Hors Série (M 02096) consacré à l’Egypte, à l’occasion de l’exposition du « Grand Palais Trésors Engloutis. »
Le général Safouat Chaker, extrait d’un roman à paraître, publié dans « La pensée de midi » novembre 2006.
Allaa El Aswany, docteur et écrivain, fils d’écrivain, est une des rares figures indépendantes de la littérature égyptienne. Plusieurs séjours aux Etats Unis. Il refuse l’émigration définitive.
Comme il l’explique au cours d’une interview donnée à Courrier International, il y a un prix à payer pour la liberté d’être et de dire en Egypte.
En France, il est connu pour son roman, paru aux éditions Actes Sud (janvier 2006), L’immeuble Yacoubian, suivi d’un film, dû à Marwan Hamed, et sous-titré en français.
A travers cette radiographie d’un immeuble et de ses habitants visités de haut en bas, il brosse une vaste fresque et relève l’acuité singulière de son regard. Sur les riches et les pauvres, les raffinés et les plus frustes, les êtres libres de leur corps et de leur pensée et ceux qui, par esprit de revanche, sont inféodés à un islamisme de combat, il promène un œil attentif, à qui rien n’échappe des démons, des pauvretés et des bonheurs de l’âme humaine.
Il est le témoin d’un mode de vie ancien, teinté d’occidentalisme et de sensualité.
Egypte, si proche et si lointaine, à qui il choisit chaque jour d’appartenir envers et contre tout.
22h30 - lecture
Monsieur Paul n’est pas commun, drame burlesque en trois parties
de Hervé Blutsch
par l’auteur
Monsieur Paul vit en pension chez Monsieur Smut. Sa sœur, qui paie la charge mensuelle de son loyer, n’a bientôt plus d’argent pour l’entretenir et décide de le vendre à un zoo. Monsieur Paul accepte avec une relative bonne humeur cette nouvelle situation qui devrait lui permettre, en outre, de rencontrer une femelle et fonder une famille.
Hervé Blutsch est né en 1967 à Paris. Après avoir facilement obtenu son baccalauréat, il tente de passer son permis de conduire et échoue. Il jure de se venger en devenant le plus grand auteur dramatique de sa génération.
00h concert
Youss and The Wizz
Mardi 26 août
9h30 – 12h30
ateliers de l’Université d’été
14h - lecture
Le Cheval Finlandais de Sirkku Peltola (Finlande),
texte français de Alexandre André (Maison Antoine Vitez)
dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par Véronique Bellegarde
avec Quentin Baillot , Maud Le Grévellec, Evelyne Istria, Charlie Nelson, Julie Pilod et Martine Shambacher
Musique : Flavien Gaudon et David Lescot
_ Une famille recomposée subit la destruction de l’ancien mode de vie
agricole par les directives abracadabrantes de l’Union européenne. Ce mode
de vie est symbolisé par le cheval finlandais, animal opiniâtre et
endurant, qui est vendu pour sa viande à des mafiosi siciliens.
« C’est durant mes étés à la campagne que j’ai fait connaissance avec les agriculteurs et les chevaux finlandais, et que je vois mourir l’agriculture en Finlande. Nous perdons ce qui nous appartient. Je suis surprise que cette évolution soit passée sous silence et que personne ne proteste contre
cet état de choses. Ce qui se passe à la campagne relève de la même absurdité que le fait de s’habiller dans des vêtements fabriqués en Asie. » Sirkku Peltola
Sirkku Peltola est une dramaturge et metteur en scène très estimée en Finlande. Elle a reçu plusieurs prix pour ses pièces et son travail a été soutenu par beaucoup de théâtres finlandais.
Le travail de Peltola décrit le plus souvent, le monde dans lequel nous vivons, avec toutes ses familles étranges et toutes ces personnes en marge de notre société, dans lequel les changements sociaux se reflètent avec une grande clarté.
Ces textes insistent sur des sujets de sociétés contemporains comme Mummun saappaassa soi fox (2000, Gran’s Wellington Foxtrot), un portrait de famille ou les parents se déresponsabilisent du sort de leur enfants. Haikarapolska (1999, The stork polka) traite des conséquences destructives de la fertilité, dans un couple.
Peltola utilise le langage moderne, donc un dialecte qui ne nous est pas étranger. Son oreille est sensible au rythme et au ton des discours quotidiens et ses pièces combinent un réalisme impassible avec un sens du grotesque. Dans le travail de Peltola, les absurdités de la vie quotidienne sont poignantes.
16h – Rencontre très formelle avec Sirkku Peltola
18h - lecture
Mon lave-linge bien aimé d’Antonis Georgiou (Chypre),
texte français de Michel Volkovitch (Maison Antoine Vitez)
dans le cadre de Trait d’Union
dirigée par Antonio Simon Rodriguez Martinez
avec Marcella Bocabella, Daniel Berlioux et Maité Nahyr.
Trois monologues.
— « Jocaste, quarante ans ». Jocaste, âgée de soixante ans, revit son passé, donnant sa propre version de la fameuse histoire, en insistant sur la naissance d’Œdipe (elle avait vingt ans) et son mariage avec lui (elle en avait quarante).
— « Bavardages ». Une femme d’aujourd’hui, baptisée Jocaste, seule chez elle, se souvient de sa liaison avec le fils d’une amie, bien plus jeune qu’elle.
— Un homme mûr, homosexuel, seul chez lui, parle à son lave-linge. Il attend que lui téléphone un beau jeune homme, qui n’appellera pas. Il part au théâtre voir une pièce intitulée Jocaste, quarente ans. Il souhaitait jadis en écrire une, Mon lave-linge bien aimé…
Antonis Georgiou est né à Limassol en 1969 (Chypre). Il étudie le droit à Moscou. Puis il exerce le métier d’avocat dans sa ville natale. Il est membre du comité administratif du "Theatriki Poreia Lemesou", une troupe de théâtre amateur. Il est également membre à la rédaction de la revue littéraire Anev. Il a notamment écrit : Panselinos para mia (poèmes) Glikia blood,(recueil d’histoires courtes) Agapimeno mou plintirio /Mon lave linge bien aimé (pièce de théâtre)
20h45 – mise en espace
Qu’est-ce que sexe ? de Pierre Meunier.
avec Pierre Meunier et Nadège Prugnard.
_ Étape verbale d’un spectacle à venir.
Lecture animée par deux langues et du fer en mouvement.
Les corps ont naturellement tendance à tomber les uns sur les autres. C’est l’attraction universelle, aucun de nous n’y échappe.
Qu’est-ce que sexe ? Question. La question du sexe est soulevée.
Y’a t-il là quelque chose à soulever, qui se serait affaissé ou qui, étant retombé, aurait renoncé à se dresser ? Mais d’où tenons nous qu’une question exige sa réponse et puisse s’en satisfaire ? Comme si un feu allait prendre et qu’on voudrait en toute hâte piétiner la mèche à peine allumée.
Sexe est un mot. Ce n’est qu’un mot, mais il y a des mots qui vous laissent tranquille. Il y a des mots, on peut s’asseoir dessus : talus, chaise , rivage… et penser à autre chose.
Sexe non. Pourquoi ?
SEXE
qu’est-ce que j’ai dit ?
…
Pierre Meunier est né en 1957 à Paris. Formation avec Pierre Etaix, Emilie Letendre, Clémence Massart, Philippe Caubère, Amy Lavietes. Nouveau Cirque de Paris avec Pierre Etaix et Annie Fratellini, Maître de cérémonie chez Zingaro, acteur au Théâtre de l’Unité, metteur en scène et chanteur avec l’atelier Voices d’Amy Lavietes, puis inventeur de Léopold von Fliegenstein à la Volière Dromesko, acteur avec Matthias Langhoff, auteur d’un livret et interprête avec Philippe Nahon sur une musique de Giovanna Marini. Acteur avec François Tanguy, Isabelle Tanguy, Joël Pommerat, Jean-Paul Wenzel. Auteur de L’homme de plein vent et Le Chant du Ressort (dont il est aussi interprête, le premier avec Hervé Pierre, le second avec Isabelle Tanguy) Il réalise trois courts métrages : Hopla, en 1999, Hardi en 2000 et Asphalye en 2004.
Textes : Au milieu du désordre ; Le Tas, Édité par Solitaires Intempestifs ; Les Egarés ; Les Etonnistes.
22h30 Mise en espace
En attendant Oxu de et par Jean-Claude Leguay , Christine Murillo et Grégoire Oestermann
Ce spectacle sera créé en mai 2009 au Théâtre du Rond Point - Paris
" Souffrir avec précision, c’est mieux savoir vivre mal". C’est ce à
quoi se sont attelés Chistine Murillo, Jean Claude Leguay et Gregoire Oestermann, auteurs du "baleinié, dictionnaire des tracas" paru au Seuil ( 3ème tome à ce jour). A l’issue des deux premiers tomes ils créèrent un spectacle : "XU"( objet bien rangé mais où ?) qui présentait une séance de rédaction du "baleinié", extravagante, vertigineuse, musicale et agitée.
Aujourd’hui il semblerait qu’un nouveau spectacle sur les tracas
s’impose ; les catastrophettes se manifestent toujours avec leur cortège
de petits chagrins démoralisateurs et, plus que jamais, il est urgent
d’identifier votre adversaire pour pouvoir le nommer et le démasquer à
larmes égales. Ainsi, un nouveau spectacle issu du "baleinié" s’impose ;
il s’intitulera : " OXU" ( "objet qu’on vient de retrouver et qu’on
reperd aussitôt".
Nous proposons donc aux spectateurs mussi-pontins d’assister, tels des
petites souris, à une séance de travail imaginaire où les trois auteurs
disputeront joyeusement et férocement sur de nouvelles propositions de
tracas et de mots qui les désignent ; ils entrouvriront un pan du rideau
où apparaîtra peut-être un bout du nez de ce que sera : "OXU".
Christine Murillo
A joué avec des gens vraiment très très bien sous la direction de gens franchement très très intelligents, notamment à la Comédie-Française, au Châtelet, au Théâtre de l’Odéon, au Théâtre Hébertot, au Théâtre Ouvert, dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, aux Carmes et au Gymnase Saint-Joseph à Avignon, dans l’Abbatiale des Prémontrés de Pont-à-Mousson (avec Grégoire et Jean-Claude justement), dans toute la France, en Suisse et même au Théâtre de l’Ambigu avant qu’on ne le détruise et au Liceo de Barcelone avant qu’il ne brûle.
Sociétaire de la « Chougrida » - Française jusqu’en 1988, elle a reçu le Molière du second « boulbos » 1989, la « plute » Arletty 1991 (prix qui n’existe plus), et le « Lutin » 2001 du court - « moinge » ( prix encore mal connu), et a tourné plein de trucs super balèzes, dirigée par des pointures hyper top.
Jean-Claude Leguay
Comme ses deux camarades, a contourné la « barue » au Conservatoire Nat. Sup. d’Art Dram. de Paris. Après quelques « bernardchatelliers », il porte aujourd’hui encore les « gointrans » suivants : Vitez, Régy, Debauche, Didym, Seide, Tordjman, Zadek, Martin, Deschamps, Marlon, Dromesko, Jouanneau et quelques « biclacs » comme Gagarine, Michel Jazy et Sully Morland.
Au cinématographe, il a eu l’immense privilège d’avoir « été rojémario » par Alain Robbe-Grillet, Jean-Michel Ribes, Marco Pico, Didier Grousset, Gérard Jugnot, Marion Vernoux, etc…, et plus récemment Nicole Garcia ou Philippe Le Guay. Il a encore « bibouplelouler » avec Erich Von Renoir, Rodrigue Eisenstein, Zinédine Mankiewicz, Alfred Tati, Blaise Keaton et Antoine Ernest Chaplin.
A sans doute plus d’une fois provoqué des « vrutages » à cause du petit écran mais n’a jamais eu la chance de pouvoir travailler avec Roger Couderc, Catherine Langeais, Raymond Oliver et Roger Lanzac.
À ce jour, Il n’a jamais obtenu la moindre « plute ».
Grégoire Oestermann
A joué Witkiewicz, d’Ennery et Cormon, Shakespeare, Corneille, Magnan, Llamas, Shakespeare, Courteline, Deutsch, Büchner, Goethe, Dante, Rotrou, Kleist, Erdman,Valentin, Watkins, Marlon, Gabily, Shakespeare, Murillo, Leguay, Molière.
00h - Concert
Carline d’acanthe
des poèmes de Emmanuel Faventines et mélodies de Guillaume Séverac‑Schmitz, sous l’oeil de Sara Llorca avec Odja Llorca (chant), Guillaume Séverac‑Schmitz (guitare), Sébastien Mignard (Percussion), David Lescot (trompette) Stéphane Varupenne de la Comédie Française (trombone) et Erwan Ricordeau (contrebasse)
Mercredi 27 août
9h30 – 12h30
ateliers de l’Université d’été
14h lecture
Maman est folle de Frédéric Mauvigner
en partenariat avec La Comédie Française et Théâtre ouvert
dirigée par Michel Didym, assisté de Maya Boquet
avec Daniel Berlioux, Maud Le Grévellec, Evelyne Istria, Muriel Mayette (de la Comédie Française) et Julie Pilod.
"Maman est folle" sonde l’univers mental d’une femme, Nathalie, dont l’obsession de maternité entraîne sa perte et celle de son entourage. Elle engage une prostituée, Joanne, pour retenir son mari. Entre elles s’installe un jeu étrange et subtil ; les passions s’emballent et déjouent le stratagème de Nathalie. Le drame devient alors inévitable.
Né à Châtellerault en 1971. Il vit à Paris. Formé comme régisseur lumière, il reçoit un enseignement sur la mise en scène et sur le jeu de l’acteur.
Il exerce depuis 1989 la profession de régisseur plateau.
Il a dirigé plusieurs ateliers de théâtre depuis 1998.
Il a été auteur témoin, avec Mario Batista, du Chantier n°15 dirigé par Frédéric Maragnani et Philippe Minyana, en janvier 2004, à Théâtre Ouvert.
Il a écrit "La Croix St Gilles", diffusée en septembre 2003 sur France Culture dans une réalisation de Blandine Masson. "Les Habitants", éditée par Théâtre Ouvert dans la collection Tapuscrit en 2003, a été crée par Stanislas Nordey à Théâtre ouvert en mai 2005, avec Frédéric Leidgens et Stanislas Nordey
16h lecture
Fabbrica d’Ascanio Celestini (Italie)
texte français de Kathleen Dulac ,avec l’aide de Pietro Pizzuti (Maison Antoine Vitez)
dirigée par Charles Tordjman.
avec Ascanio Celestini, Serge Maggiani et Agnes Sourdillon
".Faites comme si aujourd’hui, on était le 17 mars de cette année 1949". La veille, à 22 heures précises, il rejoint la fabbrica. Le voilà dans un univers séparé du reste du monde, avec son fonctionnement et ses lois. Avec son histoire ou plutôt ses histoires. Celles de plusieurs générations qui ont épousé l’usine, y laissant une partie d’eux-mêmes, de leur corps et de leur identité. Et si, parfois, on a l’occasion de jeter un regard vers l’extérieur, on est surpris par la beauté de la lumière. Troublé par la sensualité de la vie.
Entraînant le spectateur dans les rouages de la réalité industrielle et politique, Ascanio Celestini mêle témoignages et légendes pour un récit hors du commun. Sa "Fabbrica" révèle admirablement les splendeurs et les misères de l’Italie du 20ème siècle. Émouvant et magique !
Je m’appelle Ascanio Celestini,
fils de Gaetano Celestini et Comin Piera.
Mon père répare les meubles, vieux ou anciens.
Il est né dans le quartier du Quadraro et quand il était gosse il a commencé travailler comme apprenti à San Lorenzo.
Ma mère est de Tor Pignattara, elle était coiffeuse dans une boutique où on avait coupé les cheveux au Roi d’Italie et à l’époque elle dansait le « liscio ».
Quand elle s’est mariée avec mon père elle a arrêté de danser.
Quand je suis né elle a arrêté d’être coiffeuse.
Mon grand-père paternel était charretier à Trastevere.
Après l’accident il est devenu invalide du travail, il est allé travailler au cinéma Iris à Porta Pia.
Le matin il nettoyait, l’après-midi et le soir il était masque, et pendant la nuit il était gardien.
Sa femme s’appelait Agnese, elle est née a Bedero.
Je me rappelle qu’elle fabriquait ses chaussures avec de vieux gants.
Mon grand-père maternel s’appelait Giovanni et il était bûcheron avec Primo Carnera.
Ma grande-mère maternelle est née à Anguillara Sabazia et elle s’appelait Marianna.
Sa sœur, Fenisia, enlevait le mauvais sort et elle racontait de contes de sorcières.
18h lecture
Fin de l’histoire de François Bégaudeau
en partenariat avec Théâtre Ouvert
par Cécile Backès et François Bégaudeau
Quelqu’un s’avance là et c’est une femme.
Mettons qu’on ne fasse que la regarder et l’entendre. Regarder comment elle parle, entendre comment elle raconte. Non pas ce que ça cache mais ce que ça montre. Quelqu’un s’avance là et tout y est. Le monde entier dans sa voix, ses mots, ses mimiques. Pendant que l’Histoire poursuit son chemin héroïque et vain, un précipité de modernité se pose là et c’est une femme.
« Quand les médias poussent la brouette à événements « faut que ça avance, faut que ça émeuve ». Il est bon que la littérature les contraigne à rester en place. À ne pas se défiler trop vite.
C’est l’enjeu du dernier livre de François Bégaudeau, Fin de l’histoire, publié aux éditions Verticales, dont le dispositif d’écriture restitue dans sa totalité la conférence de presse de la journaliste Florence Aubenas, quelques jours après sa libération d’Irak en juin 2005. Soit quarante-cinq minutes et 14 secondes d’un événement que l’on a pu suivre en direct ou pas. Sous forme de commentaire ou de digression – difficile de qualifier la façon de faire - François Bégaudeau s’immisce dans l’ici et maintenant d’une conférence de presse plutôt improvisée. Pas de discours, mais du franc parlé. Presque une conversation entre amis puisque la femme qui raconte exerce le même métier que ceux qui sont venus l’entendre. Ce que tente alors François Bégaudeau, c’est de déceler le « sous-entendu » - le mot est à prendre ici très au sérieux. Et peut-être même « le mal entendu ». Ralentir le débit pour repêcher ce que la parole jette à la va-vite dans le micro. Refaire du sens au-delà de l’émotion. »
François Bégaudeau est né en 1971. Enseignant en disponibilité, il est collaborateur régulier de diverses revues : Inculte, Cahiers du cinéma, Transfuge et chroniqueur à La matinale de Canal +. Il a co-écrit l’adaptation cinématographique d’Entre les murs avec Laurent Cantet, film dans lequel il tient le rôle principal (en salles en octobre 2008).
Il est l’auteur de quatre romans aux Éditions Verticales : Jouer juste (2003, Folio en octobre), Dans la diagonale (2005), Entre les murs (2006 ; Prix France Culture-Télérama ; Folio 2007) et Fin de l’histoire (2007) ; de deux fictions biographiques aux Éditions Naïve : Un Démocrate, Mick Jagger 1960-1969 (2005) et du collectif Une chic fille (2008) ; d’un essai (avec Arno Bertina et Oliver Rohe) aux Éditions Gallimard : Une année en France (2007). Il a co-dirigé l’édition de Le Sport par les gestes (Calmann-Lévy, 2007). Il publiera son Anti-manuel de littérature (Bréal) en octobre 2008.
20h45 spectacle
Le mardi à Monoprix de Emmanuel Darley
avec Jean-Claude Dreyfus et Philippe Thibault (contrebasse)
mise en scène de Michel Didym, assisté de Claire Ruppli
Salle Montrichard – Pont-à-Mousson
Depuis quelque temps, chaque mardi, Marie-Pierre s’occupe de son père. _ Elle passe la journée avec lui. Elle lui fait son ménage, son repassage. Ils causent un peu, de tout, de rien. D’aujourd’hui et puis d’hier. D’avant. De Chantal, la mère, qui désormais n’est plus. De Jean-Pierre aussi. Ils causent et puis ils sortent. Ils font la promenade habituelle. La rue droite, la place de la Mairie et puis le chemin le long du canal.
Mais surtout, le mardi, Marie-Pierre et son père, ils vont à Monoprix. Ils prennent des choses pour la semaine. De quoi nourrir le père jusqu’au mardi suivant.
Ils vont l’un et l’autre dans les rayons. Marie-Pierre porte les courses dans le panier plastique de chez Monoprix. Ils ont leurs petites habitudes. Puis ils font la queue et passent à la caisse.
On les connaît ici. On les regarde.
On regarde Marie-Pierre surtout. Elle est belle, Marie-Pierre. Elle est grande. _ On ne voit qu’elle. Tous les yeux sont tournés vers elle quand elle fait les courses avec son père, le mardi matin, chez Monoprix.
Avant, il y a de ça du temps, Marie-Pierre, son nom c’était Jean-Pierre.
Emmanuel Darley
Emmanuel Darley est né en 1963 à Paris. Après des études cinématographiques à l’Université de Paris III, Emmanuel Darley a travaillé en librairie, d’abord à Paris chez Autrement dit, chez Tschann puis à partir de 1997 à Toulouse chez Ombres Blanches.
En 1993, est publié son premier roman, Des Petits Garçons aux éditions POL, puis en 1997, Un Gâchis aux éditions Verdier.
Il est également l’auteur de textes poétiques sur la photo, la peinture… En 1998, il écrit sa première pièce Badier Grégoire éditée à Théâtre Ouvert et pour laquelle il obtient en 1999 l’aide à la création de la DMDTS.
La compagnie Labyrinthes et le Théâtre des Treize Vents à Montpellier lui passent commande d’une pièce jeune public sur le thème des enfants dans la guerre, Plus d’Ecole, créée lors du Festival "Enfantillages" à Montpellier en mai 1999. Une Ombre, pièce radiophonique sortie en Tapuscrit à Théâtre Ouvert en 2000, est mise en onde sur France Culture par Claude Guerre en 2000. Souterrains paraît également chez Théâtre Ouvert. La collaboration avec la compagnie Labyrinthes se poursuit avec Pas bouger (éditions Domens, 2000) créée en 2001 par Jean-Marc Bourg. Il écrit un texte pour appartement Qui va là mis en scène par Alex Selmane à Béziers en mai 2001. Sa dernière pièce Indigents est parue chez Actes Sud en 2001. Son troisième roman paraît à l’automne 2002 aux Éditions Verdier. Badier Grégoire a été mis en chantier à Théâtre ouvert par Michel Dydim en 2000 et Un Gâchis a été mis en espace par Gilles Dao au Petit Odéon en 2001. Plusieurs de ses textes ont été diffusés sur France Culture. Depuis janvier 1999, il anime des ateliers d’écriture, en particulier en milieu carcéral (Centre de détention de Muret, Haute-Garonne).
Il a obtenu plusieurs bourses d’écriture : CNL en 1997, région Languedoc Roussillon en 1998, Midi-Pyrénées en 1999.
22h30 lecture
Une touche de Blutsch par Hervé Blutsch
00h - concert
Disfonction
Jeudi 28 août
9h30 – 12h30
Bilan des ateliers de l’Université d’été
La mousson d’été est organisée par La Maison européenne des écritures contemporaines
Directeur artistique Miche Didym
Administrateur Jean Balladur
Directeur pédagogique de L’Université d’été européenne Jean-Pierre Ryngaert assisté de Marion Canelas
Chargé de la communication et Logistique Fabrice Burgy assisté de Pierrette Deligny
Collaboration artistique Véronique Bellegarde et Laurent Vacher
Direction technique Olivier Irthum
Attachée de production, chargée de L’Université d’été Axelle Heuzé
Equipe pédagogique Joseph Danan, Jean-Marie Piemme et Eloi Recoing
Service de presse Bodo assistée de Elodie Zurcher
Rédaction temporairement contemporain Olivier Goetz, Xavier Gorgol, Jean-Édouard Hastings et Charlotte Lagrange.
Équipe technique Michel Baudot, Pascal Flamme, Rachid Guettab, Jérome Lehericher, Hubert Parisot, Frederic Tassone et Michael Schaller
Bar du Chapiteau Manuel Canton et Maria Di Balsi
En coproduction avec France Culture.
La Meec-La mousson d’été est subventionnée par le Conseil régional de Lorraine, Le Ministère de La Culture et de La Communication (DRAC Lorraine), le Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, L’Abbaye des Prémontrés, les villes de Blénod-lès-Pont-à-Mousson et de Pont-à-Mousson, la Communauté de pays de Pont-à-Mousson et le Ministère de l’Education Nationale
Avec le soutien de l’université Paul Verlaine- Metz, de l’université Nancy 2 (UFR de Lettres et le Théâtre Universitaire de Nancy), du Centre National du Théâtre, de Théâtre Ouvert – Paris et du Service Culturel de l’Ambassade de France en Italie.
_ En partenariat avec Théâtre Ouvert, La Comédie Française, France Bleue Lorraine Sud et Télérama.
Trait d’union est réalisé en partenariat avec Cultures France, le festival d’Avignon, l’Odéon Théâtre de l’Europe, la Maison Antoine Vitez, l’Union des Théâtres de l’Europe, l’Atelier Européen de la Traduction, la SACD, l’ADAMI, l’ONDA
Remerciements à Martial Peugnet, La Librairie Geronimo – Metz, Scènes et Territoires et Le Théâtre Gérard Philipe-Frouard.
MPM Audio Light – Woippy est le partenaire technique de La Mousson d’été
